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[traduzido por José Lino Grünewald]
(Canto primeiro — estrofe 1)
(Canto primeiro — estrofe 1)
| Lautréamont |
(Les Chants de Maldoror:
Chant premier — strophe
1)
Plût au ciel que le
lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu'il lit, trouve,
sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage, à travers les marécages desoles
de ces pages sombres et pleines de poison; car, à moins qu'il n'apporte dans sa
lecture une logique rigoureuse et une tension d'esprit égale au moins à sa
défiance, les émanations mortelles de ce livre imbiberont son âme comme l'eau
le sucre. Il n'est pas bon que tout le monde lise les pages qui vont suivre;
quelques-uns seuls savoureront ce fruit amer sans danger. Par conséquent, âme timide,
avant de pénétrer plus loin dans de pareilles landes inexplorées, dirige tes
talons en arrière et non en avant. Écoute bien ce que je te dis: dirige tes
talons en arrière et non en avant, comme les yeux d'un fils qui se détourne respectueusement
de la contemplation auguste de la face maternelle; ou, plutôt, comme un angle à
perte de vue de grues frileuses méditant beaucoup, qui, pendant l'hiver, volent
puissamment à travers le silence, toutes voiles tendues, vers un point
déterminé de l'horizon, d'où tout à coup part un vent étrange et fort,
précurseur de la tempête. La grue la plus vieille et qui forme à elle seule
l'avant-garde, voyant cela, branle la tête comme une personne raisonnable,
conséquemment son bec aussi qu'elle fait claquer, et n'est pas contente (moi,
non plus, je ne le serais pas à sa place), tandis que son vieux cou, dégarni de
plumes et contemporain de trios générations de grues, se remue en ondulations
irritées qui présagent l'orage qui s'approche de plus en plus. Après avoir de
sang-froid regardé plusieurs fois de tous les côtés avec des yeux qui renferment
l'expérience, prudemment, la première (car, c'est elle qui a le privilége de
montrer les plumes de sa queue aux autres grues inférieures en intelligence),
avec son cri vigilant de mélancolique sentinelle, pour repousser l'ennemi
commun, elle vire avec flexibilité la pointe de la figure géométrique (c'est
peut-être un triangle, mais on ne voit pas le troisième côté que forment dans
l'espace ces curieux oiseaux de passage), soit à bâbord, soit à tribord, comme
un habile capitaine; et, manoeuvrant avec des ailes qui ne paraissent pas plus
grandes que celles d'un moineau, parce qu'elle n'est pas bête, elle prend ainsi
un autre chemin philosophique et plus sûr.
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Poetas Franceses do Século XIX — Seleção, Organização, Tradução e Nota Introdutória de José Lino Grünewald, 1991, Editora Nova Fronteira, Rio de Janeiro — RJ; Isidore Lucien Ducasse (1846 — 1870), uruguaio de Montevidéu, mais conhecido pelo pseudônimo literário Conde de Lautréamont, foi poeta, viveu e estudou na França; sua obra: Os Cantos de Maldoror (Les Chants de Maldoror, 1869) e Poesias (textos em prosa de natureza ensaística, 1870); consta que André Breton (1896 — 1966), escritor tido como pai e fundador do Movimento Surrealista, considerava Lautréaumont, de certa forma, como um dos precursores do surrealismo; é o que se encontrou de sua biografia.
Poetas Franceses do Século XIX — Seleção, Organização, Tradução e Nota Introdutória de José Lino Grünewald, 1991, Editora Nova Fronteira, Rio de Janeiro — RJ; Isidore Lucien Ducasse (1846 — 1870), uruguaio de Montevidéu, mais conhecido pelo pseudônimo literário Conde de Lautréamont, foi poeta, viveu e estudou na França; sua obra: Os Cantos de Maldoror (Les Chants de Maldoror, 1869) e Poesias (textos em prosa de natureza ensaística, 1870); consta que André Breton (1896 — 1966), escritor tido como pai e fundador do Movimento Surrealista, considerava Lautréaumont, de certa forma, como um dos precursores do surrealismo; é o que se encontrou de sua biografia.
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